"Admirablement réguliers, les traits de son visage n’avaient pas encore tout à fait perdu cette expression de candeur inhérente à la jeunesse ; mais dans l’inclinaison nonchalante de son beau cou, dans son sourire moitié languissant, moitié distrait, on devinait une nature nerveuse ; et ses lèvres minces, s’entrouvrant à peine, son nez bien proportionné, aquilin, fin, avaient quelque chose de résolu, de passionné, quelque chose de dangereux pour les autres et pour elle-même. Fascinateurs étaient ses yeux gris foncé à reflets verdâtres, allongés et voilés comme ceux des divinités égyptiennes, avec des cils rayonnants et des sourcils altiers et fins. L’expression de ces yeux était étrange : ils semblaient regarder au loin, attentifs et mélancoliques."
Commentaire d’Oriane (feutre rose fluo) : étonnant comme ce portrait ressemble à Gilberte, la femme de Norpois et la maîtresse de Palançy (voir le Général Proust). A croire que Tourguenieff s’en serait inspiré si cette supposition ne relevait pas de l’impossible absolu.
|